]]>




Image Hosted by ImageShack.us

24 mai 2008

SK#202




Elle a opiné du chef et mouillé ses lèvres au milieu d’une atmosphère irrespirable. L'Autre lui a pris la main pour l’attirer à elle et glisser au creux de son oreille, son départ imminent. Au creux de son cou, un baisé alangui. Bousculées par les noctambules aveuglés, elles restent à se fixer.
Elle cherche quelque chose d’intéressant à lui dire. Une phrase pertinente qui lui donnerait envie de rester mais elle sait que les filles qui lui plaisent sont toujours fuyantes. Il y a en l'Autre un peu de S., beaucoup de M. Elle reste persuadé qu’on trouve dans les suivantes, des bribes de tous ceux que l’on a aimés. Le patchwork des amours perdus qui mènera à celle qui conviendra pour de bon. Une mosaïque jamais achevée. Une ébauche infinie.

Elle a lâché sa main en la regardant partir. Elle a parcouru la salle en croisant bien trop de gens indésirables. Elle est montée dans les loges pour se protéger de la foule. Elle a filmé l’ambiance électrique. Elle a commandé un verre au bar, l’a englouti d’une traite. Elle s’est faufilée entre les danseurs, longé le long couloir sombre du nouveau casino et s’est enfuie à son tour, sur le cuir d’un taxi parisien qui l’a laissé fermer les yeux en l’amenant jusque chez elle.

Cette fille aurait pu m’être sympathique si elle n’avait pas été moi.


Vidéo :
Copyright D. Juncutt
« You Should Be Me «
Extrait 15

18 mai 2008

SK#201



En cherchant un profil Facebook que je ne trouverai d’ailleurs pas, je retombe sur une vidéo assez improbable que j’avais filmé avec mon appareil photo de l’époque.
Boulevard Sébastopol, la nuit où J. est entrée dans mon cœur, avec sa petite coupe à la Mireille Matthieu. La nuit où son amitié avec L. n’avait aucune ombre au tableau. C’était une semaine avant leur départ pour New York. Une semaine avant de recevoir des mails de J. dans lesquels elles me disaient combien je lui manquais.

Il y avait ce moment précis où, à l’aéroport, la serrant timidement dans mes bras, témoignage évident d’un amour naissant, je savais que cette fille compterait. Sans savoir que deux ans presque jour pour jour, notre histoire se finirait dans un autre aéroport, sur ce continent américain qu’on avait tellement désiré.
Il y avait encore, ce moment précis où, dans le combiné téléphonique, avant l’embarquement, j’entendis couler ses larmes lorsque je lui dis « Je t’aime, ne soit pas triste, on se retrouve à Paris ». Un adieu d’un romantisme consternant qui cachait à merveille la fin de notre histoire sur un fond de Bonnie Prince Billy.
A chaque amour sa musique.

Cette modeste vidéo loufoque porte à ma mémoire un coup nostalgique des plus alarmant. L’ancêtre de mon « You Should Be Me ». Filles perdues, saoulent, qui ne veulent pas rentrer chez elles pour prolonger jusqu’à l’impossible, ce moment d’innocence où tout est beau et confortable. Une recherche immuable en chacun de nous, trouver celle ou celui qui ne nous fera juste, rester au lit.

Trois ans après, les visages ont changés, les histoires ont évolués, le montage est plus structuré, mais les aventures restent à ceci près, les mêmes.

Vidéo :
Copyright D. Juncutt
« I Love NY »
2005

10 mai 2008

SK#200



Au plus près, mais somme toute, très loin encore...


Vidéo:
Copyright: D. Juncutt
Extrait 14 bis "You Should Be Me"

04 mai 2008

SK#199



Samedi soir, Portishead en concert privé devant une centaine de personnes à peine. Calme religieux, mon dos contre la grille, son petit corps cripé par l'accumulation des saisons, les yeux mis clos. Ma peau frissonne en écoutant Mysterons. A mes yeux la plus belle de tout le répertoire. D'une signification particulièrement actuelle dans mon coeur.
Douceur sur ce moment durant lequel personne ne m'a vu pleurer.

"Dans tes faux-semblant,
Les crimes ont été balayés,
Quelque part où ils peuvent être oubliés.

Divines portées supérieures,
Résistant encore,
Cet océan ne pourra pas être saisi.
Tout pour rien

Le voulais-tu vraiment ? (x4)

Refuse de te rendre,
Etiré jusqu'à être déchiré,
Qui ose, qui ose condamner
Tout pour rien

Le voulais-tu vraiment ? (x4)>



Vidéo:
Portishead live à NYC

26 avril 2008

SK#198



C’est un vendredi soir.
Je suis.
Comme les pierres. De celles qu’on ne ramasse pas, dissimulée entre toutes, identique à première vue. Comme les pierres. Trop lourde pour ricocher. Qu’on glisse dans sa poche et qui fini en bloque porte. Mais de de plus près. Comme les pierres. Fossilisée par son passé, usée, rayée, abîmée par les mains des petites filles qui voient en elle la plus lisse, et de sa forme rigolote, finira abandonnée sur le recoins d’une cheminé. Souvenir d'une journée de plage ensoleillée. Comme les pierres. Immobile et impassible, fière et forte. Ne redoutant pas le temps. Comme les pierres, malheureuse, déshumanisée mais miraculée.

Photo :
Copyright D. Juncutt
« Mademoiselle Chat Chat »

21 avril 2008

SK#197



Un joli don de caméscope pour pallier à mon manque d’images assassines. « You Should Be Me » renaît, non sans mal et après quelques mois intenses.
La brimade commence là où la concession se termine. Mais puisque l’intimité est probablement la valeur la plus courue ces derniers temps, je calfeutre et ne donne ainsi pas l’occasion à certains de tout salir. Je le fais très bien toute seule.

Vidéo :
Copyright D. Juncutt
« you should be me » extrait 14
Musique :
The Mole - I've Got My A.

Les autres vidéos sont ici.

13 mars 2008

SK#196



Ce bad boy m'a donné envie de me frotter contre ses biceps enfouis sous son épaisse couche de graisse. On a ça en commun, le côté nounours, comme le côté « faut pas trop me chercher».
Ma main est collée à ses tétons, pendant qu’il se penche sur mon bras, l’écrase, et le pique.

Après, Romain, Tintin, Arno… Julio Casagrande le Brésilien m’a griffé à tout jamais.
Il y a cette douceur infinie qui parcoure ma peau lorsqu’il s’affaire sur mon affaire. Cette relation intime qui naît d’une confiance exclusivement liée par le goût d’un stigmate indélébile.
Et ce n’est pas seulement cela qui me pousse à y revenir, ni même l'engouement d'une mode quelconque. Car comme l’a très bien dit Delphine des Kisses Cause Trouble : « C’est une manière comme une autre de se réapproprier son corps. »

Julio ne reste qu’une courte semaine chez Laura Satana. Profitez en.


Ne cherchez pas ce que ça veut dire, ni même pour qui, ni même pourquoi... c'est un cadeau.

Photo 1 :
Copyright: ?
Julio Casgrande.
Photo 2 :
Mon nouveau tattoo

06 mars 2008

SK#195



Lenny kravitz choisit ses musiciens en fonction de ses talonnettes. Aucun d’eux n’avait intérêt à être plus grand que lui de quelques miettes. Slim moulant noir, lunettes mouche, il envoie la sauce et vient faire des câlins au public restreint dans lequel je suis vautrée. J’aurais mérité d’attraper le tambourin pour peine d’avoir applaudis presque dix minutes afin de satisfaire le téléspectateur.
Mercredi soir, quelques gouines JeMeLaRaconte sont adossées au mur en pierre du Yono. Le genre de fille que l'on croise dans toutes les soirées, qui te fixe et ne rigole qu'avec ses copines clones. L’esprit cowboy parce que très wild dans sa tête. La main dans la poche, la tête penchée, qui te parle en « Mais grave, c’est clair… ». Le genre de fille à qui tu claquais la bise quelques mois plus tôt, lorsqu’elle avait les cheveux longs, et qui, sous prétexte d’avoir trouvé l’affirmation sublimée de son soi intérieur, n’envisage désormais que de te scruter de loin parce que le smile n’est plus à la mode, et que sa coupe de cheveux est vachement mieux que la tienne. Le genre de fille concrètement et simplement connue grâce à son profil internet. Aigrie avant l'âge et labélisée, "Vu sur Myspace".

Axelle hurle sous le préau qu’il faut rentrer parce qu’elle va bientôt mixer. Et je bois un coca pour écraser le goût de cet infecte Chianti du restaurant de la place à pédés, mais surtout pour préserver mon potentiel énergie de ce marathon soirée BBX (comprenez Barbieturix).

Dans les toilettes, encore/toujours, Sugar m’attire à elle pendant que j’essaye de ne pas faire d’association d’idées sur ses magnifiques bottes bleues qui font Tac Tac Creeuu sur les pavés humides lorsqu’elle prend le rythme sur mon pas.
Je fixe mon attention sur son appétissante bouche et son généreux décolleté. J’engouffre mon visage dans son cou comme un abandon à sa beauté.
Ce soir, à la Paye Ta Chatte (l’Originale) il me faudra goûter la soupe du patron de l'Unity. Demain, il me faudra porter mon lourd sac à vinyles jusqu’au Bloc (métro brochant)pour swinger avec la Fantomette.
Samedi, il me faudra rester en alerte sur les platines cubiques et fluos du Social Club.

Katia dit : "Ouai mais les filles JeMeLaRaconte, on les aime bien quand même !Et il parrait que les filles bourges nous appellent les metalleuses. ahahah "


Marathon BBX
Du mecredi 5 au samedi 8.
Retrouver les dates et lieux sur www.myspace.com/barbieturix

19 février 2008

SK#194



A l’enterrement de Simone, il y a ses enfants et seulement deux de ses petites filles. Quelques voisins, une mama qui pleure en souriant, et des femmes flétries qui m’arrivent au nombril. Il fait vraiment très froid dans ce cimetière qui donne sur la station service. Je pleins les porteurs, d’une vingtaine d’années à peine, coupe tecktonik, mains violettes et frissons constants, pendant que tout le monde touche une dernière fois le cercueil. Une première aussi.
J’attrape quelques fleurs séchées que je jette dans le tombeau, j’ai visé la plaque dorée avec son nom et son prénom juste au dessus des dates de durées. Ma mère me dit qu’elle avait la peau douce dans le funérarium. Détail morbide que je voudrais ne pas avoir entendu.

Simone était bretonne. Elle avait décidé de venir en aide à la France en accroissant sa population d’après guerre. Ponte sur ponte, avec le beau Cristobal, espagnol, soldat durant la guerre d’Indochine, jamais vraiment guéri de ses traumatismes, qui mourut prématurément fin des années soixante dix, d’un cancer généralisé, cinquante années après avoir poussé son premier cri.
De ses enfants, elle aura eu quatre fils et deux filles. Un panel de trois alcooliques, un autiste, un surdoué daltonien. Seules ses deux filles auront des enfants, deux filles pour l’une, deux garçons pour l’autre. Ses filles toujours, les seules qui tenteront, avec un succès mitigé, de fuir son oppression.

Je ne me souviens pas de Simone. Je me souviens mal de Simone. Une caravane pliante pour l’été de mes 5 ans, un ennuie mortel durant mes séjours dans son vieil appartement, des poupées rousses poussiéreuses, la photographie d’un berger allemand dans l’entrée, la fois où elle m’a surprise en train d’explorer mon sexe et puis plus rien.
Simone n’avait pas été très gentille avec ses enfants et inexistante pour ses petits-enfants. Elle est morte dans une souffrance extrême, bouffée par la gangrène.

Sur les quelques clichés noir et blanc, que l’on me propose de visionner, je m’inquiète. Je cherche la moindre preuve de mon lien de sang avec cette ascendance misérable. Une attitude, un timbre de voix, un goût commun. Néant.
Je suis une étrangère au cœur de pierre qui ne pleure pas la mort de ma grand-mère.

Photo :
Copyright D. Juncutt
« Roxymore @ BBX private party »

08 février 2008

SK#193



03 février 2008

SK#192



L’expérience est une succession d’évènements souvent néfastes, qu’on voudrait ne pas vouloir se reproduire. C’est ce qui différencie la fougue de la jeunesse à la sagesse de la vieillesse.

Je l’entends se brosser les dents, ça crache dans mon évier. Un bruit qui ne m’agasse pas. Et pourtant, si fort en symbolisme. Savoir que quelqu’un d’autre que moi, mène une action basique du quotidien sans que ça répercute sur mon espace vital. Un bref instant, projection. Imaginer une routine sécurisante s’installer tout en la réfutant avec dégoût. Son « A quoi tu penses ? » d'after sex conduit à un « Je cherche un moyen de ne pas nous tuer ».

Je voudrais l’avoir toujours avec moi tout en désirant sans cesse la revoir.

Photo :
Copyright D. Juncutt
« Fake Tattoo on my SugarLove»

31 janvier 2008

SK#191



Neuf cent images par seconde. De l'extrême ralenti comme on voudrait en avoir dans la vraie vie. Un cou tendu, une mèche de cheveux chatouillant le nez, une caresse interminable.

Sur Smoking Kills, c'est bientôt la saison quatre. L'entretien de ce blog à coup de mots et de photos se faire rare, puisque dans mon réel, il se passe des choses qui ont besoin d'être ressenties bien plus qu'analysées. Je mets un peu d'ombre sur mon fond de commerce. L'exploitation illicite de sa beauté et de tout ce qui en découle n'aura pas lieu sur ce support.

Et puisque l'on m'a volé mon camescope, "You Should Be Me" est sur pause.

23 janvier 2008

SK#190




Elle me fait pousser des ailes.

18 janvier 2008

SK#189



Désertification de la zone bloguesque pour socialisation maximale.
Je suis tenue au secret. Vous savez, les secrets qui font mouiller la culotte et déloger le cœur. Dans un sens comme dans l’autre.

Et puis. Remarquez le nombre de soirées qui s’annoncent sous le label Barbieturix. Je suis loin d’être du genre à tendre la torche qui nous ferait briller mais il faut reconnaître qu’on se donne beaucoup de mal pour un public qui trouve toujours à redire.
Comprendront ceux qui ont déjà organisé une soirée lesbienne à Paris.
Pour la deuxième édition de Kill Kill My Blonde à la Scène Bastille, je vous promets un set endiablé sans cloper. Ce qui sous-entend une consommation d’alcool plus fréquente. Offrez-moi des verres.

02 janvier 2008

SK#188



Je m’assieds sur le bord du lit, c’est le deuxième jour de deux mille huit. Je suis en retard, comme à chacune de ses visites.

S’attacher sans menottes aucune mais sentir son goût de fer dans la bouche. Je suis témoin de mes actes aux conséquences flagrantes. Lorsque sur un bout de canapé rouge, c’est l’évidence même.

On m’a volé un objet. Mais bien plus encore. Cette relation est une danse interminable où chaque pas de travers ressemble à une fuite. Le pardon est un renoncement, il est empli de rancœur subtile qui laisse des traces dans les mots d’amour.
Et lorsqu’à l’avenir, je me promets irréprochable, la pièce se vide, faisant raisonner l’écho de nos rires.



Photo:
Copyright D. Juncutt
"Sofiane chez moi"

Vidéo:
A ECOUTER D URGENCE
Sebastien Tellier