23 novembre 2005

Le Grand Sommeil



Je ne veux pas quitter le lit. Les obligations matinales rendent les minutes supplémentaires sous la couette, meilleures qu’une friandise non désirée.

Il y a son bras serrant mon buste qui me dit les mots que la bouche jalouse. Il y a le noir absolu de la pièce qui me fait oublier les aurores. Il y a le dos courbé, le corps asséché et les yeux gonflés. Il y a les premières pensées qui sont les dernières de la veille.

Le réveil est une semi vie. On flotte entre deux mondes où aucune action n’est possible. Alors oui, je ne veux pas quitter le lit.


Photo :
Copyright D. Juncutt
« Ophé sur le lit »