10 décembre 2005

Enfante-moi

isa_polly

Dans mon ventre jusqu’à rêver, cette nuit, avoir enfanté d’une fille que j’aurai appelé Dali parce que Salvador l’avait dans les bras. Ma fille grandit inexplicablement, elle est sur mes genoux et imite mes gestes. Mini Juny est belle, une frange et un pull noir. Elle est polie et douce, mais je la sais plus que vicieuse avec ses peluches.

Je rêve d’une baise productive avec ma douce. Une baise ou mes doigts glisseraient sous sa peau pour effacer les passages des autres. Créer des hématomes pour enterrer les fantômes. La sueur, les corps collants. Salir les draps, les murs, le sol. Blanchir les lèvres, les doigts, les cuisses. Jouir d’en haut et d’en bas. Pousser fort, hurler haut, éclater les jugulaires. Comprendre que cette fusion sera à l’origine d’un enfantement. Ne pas se toucher par erreur.

De nos ébats, il n’accouchera jamais rien.


Photo :
Copyright D. Juncutt
« Isa & Polly »