17 janvier 2006

Merci De Fermer Les Yeux

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Quelques degrés au baromètre, la vapeur sort de nos bouches. Elles portent une fine couche de tissu sur leurs fesses et leurs seins, des blouses blanches et s’amusent en tripotant moult outils chirurgicaux à faire tourner de l’œil.

Six étages nous séparent de la cave à l’appartement. La descente est résolument plus difficile pour les plus chaussées, que la monté, il faut à tout prix éviter de plier les talons hauts, ne pas perdre l’équilibre sur le sol sinueux.

La cave est toute en longueur, des numéros sont tagués sur les portes qui pourraient cacher des cadavres oubliés, je n’en serais pas étonnée.
Des clichés gâchés par les fous rires, aiguiseront nos souvenirs. Il y a celles qui somnolent encore, celles qui supplantent leurs maux d’estomac, celles qui sont euphoriques et puis tristes, celles qui fument et font tourner et finissent sur le canapé, réchauffant la place du chien aux poils ébouriffés, bandé au bas ventre.
Mélie shoote le backstage en noir et blanc avec pour consigne, de ne pas me prendre. Dans le caddy de Sab, des câbles, de la gélatine, du linge et des poupées. Je lui demande le prix, je tombe amoureuse de ces chiffonnades modelées en épouvantails gothiques. Slide et Ema enfilent des masques, elles seront choses perdues, apeurées par une contamination imaginaire.
Il y a Angeline qui a oublié son portable et qui prend Colibri en photo pour le défilé du Queen qu’organise son école, moi, réglant mon flash du coin de l’oeil, pas bien habituée à la voir poser pour une autre.
Je songe très haut que « Smack My Bitch Up » est une chanson qui donne envie de baiser, et tout le monde semble d’accords.
Sur cet sexual song, les filles, couvertes de longs manteaux de fourrures, descendent une dernière fois les marches en bois, faisant raisonner leurs talons dans toute la cage d’escalier.

Le rondouillard voisin coquin du troisième dit en passant :
« -Je peux rouvrir les yeux maintenant ? »


Photo :
Copyright D. Juncutt
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