04 février 2006

Podium

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Quentin vient m’ouvrir, je retire mes grosses moufles orange et nous descendons les marches du Queen totalement vide. Les modèles répètent en défilant sans grandes confiances sur l’estrade bancale à certains endroits.

Le Dj prépare ses disques, les serveurs s’éclaboussent en attendant l’ouverture, la climatisation est à fond, la styliste braille qu’il faudra pas rester en backstage durant le défilé, les maquilleuses sont concentrées, la coiffeuse a les yeux bleus, Colibri a très faim pendant que les sylphides s’empiffrent de "fat" food. Je m’enfile les tequilas orange dans des gobelets en plastique bien fermés, « A cause de la drogue du violeur » qu’il me dit le serveur.

Mes pompes n’avaient pas souillé le sol du Queen depuis au moins huit ans. C’était l’époque de la magie des créatures aux échasses, la mode du PD en bombers, la folie des soirées Respect, de la file d’attente à l’entrée, de la physio raleuse et des ecstas planqués dans la chaussette.

Il y a la dame respectable au brushing impeccable qui commande du champagne au bar pendant que son costume cravate de mari reluque les gamines sapées comme des femmes à vendre. L’homme que tout le monde semble connaître tend une capote Agnès B. à Quentin que je lui pique pour garder le gel. La banderole lumineuse nous annonce les soirées à thème et fait penser que le lieu ressemble à une fête foraine plus qu’à la boîte de nuit mythique qu’elle était auparavant.
C’est vilain une boîte qui meurt, parce que malgré les précautions, il n’y a plus personne à violer maintenant.


Photo :
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