06 mars 2006

Friday Night Fever

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Semaine ahurissante aux nouvelles assommantes. Ma femme devient une Suicide Girl pendant que le service d’immigration canadien nous fait officiellement résidentes à compter de juillet.
Je ne sais pas si je dois rire ou pleurer, ni qui prévenir pour voir qui va sourire. A défaut j’invite les gens à danser lors d’une soirée fléchée, au goût fort doré.
A dix mètres au dessus des clubbeurs qui se faufilent, bougent, rient et sirotent. Des artistes qui se bousillent les genoux sur le faux sang glissant, grattent les cordes à s’en limer les ongles, crachent dans le micro, s’enroulent de scotch, font des ronds dans la chaleur, mouillent les vinyles de leurs index… De tout là haut, à côté des spotlights, je pose ma tête sur les bras croisés et contemple avec un plaisir dissimulé, la foule, leurs ravisseurs et leurs détracteurs, que j’ai rêvé, que j’ai acquis.

Là bas, aux pays où l’accent est répugnant, il me faudra tout recommencer. Reconstruire un réseau, refaire confiance, encourager les timides et secouer les vicieux ou l’inverse. Réanimer la scène, les emmener dans mes épuisantes turgescences et ne plus croire que je la seule à vouloir faire bouger les choses avec mes petits outils d’artisantes fêtardes aux pensées bâtardes.
J’aimerai offrir une parcelle de mon ressenti, le disperser telle la fougère qui balourde son pollen.

Photo :
Copyright D. Juncutt