23 mai 2006

Etes-Vous de Vouloir Supprimer Ce Fichier ?

denysejuncuttdj

J’ai porté le mouchoir à mon nez mais j’ai tout de même du sang sur mes doigts. Ca me rappelle la garce qui m’offrait la possibilité de fragiliser mes cloisons avec sa coke à disposition. J’en ai baladé des grammes entre mes nichons pour elle. Lui rendre service était me rendre sévices.
C’était peut-être ça que je pleurais lorsqu’elle m’a porté le coup de grâce, un dimanche soir par téléphone. L’arme de fin de parcours de tous les lâches. Avec le recul nécessaire, je constate que ce n’est pas elle que j’ai aimé. J’étais amoureuse de mon état. Comment tomber en amour pour une fille qu’il faut fister dès le premier soir. Un rapport alcoolisé où l’inégalité de la discussion ressemblait à un discours spirituel de bas étage.
Une simple image peut engendrer un tas de souvenirs, son avant, son après et sa réflexion ultime.
J’oublie les noms des filles que je croyais aimer, mais jamais leurs visages. C’est ce qu’on appelle la mémoire sélective. Faire de la place pour se laisser pénétrer pour de vrai. Engrossé par les émotions et les gueules qui valent la peine qu’on « stricte pause » sur eux.
Je ne me souviens pas du cœur qui battait fort comme on peut saliver en pensant à un citron. Ca ne se reproduit pas sur commande, bien loin d’une érection subite. Mon cœur est exclusif et il me fait comprendre que la dernière fille entre mes doigts est la meilleure.

J’ai glissé ma main froide entre ses cuisses, trouvant le prétexte surréaliste de vérifier la douce épilation brésilienne. Je m’attarde sur le capuchon pour ne pas trop y aller violement. Collée à son dos, elle attrape le bas de mes fesses et me presse sur son cul chaud. Ce salaud de réveil nous convoque à la réalité, alors je retire mon corps et me dégage de son parfum comme un aimant qui se détache avec une certaine résistance.
C’est là que le mouchoir est rouge, que je cherche des explications et que je présume un manque de magnésium, rien d’aussi grave qu’un passé où je croyais avoir aimé toxicos, mythos ou anorexiques.

Je regarde son cul pressé se balader dans la chambre comme la truffe d’un chien suit le mouvement d’une saucisse qu’on tient entre le pouce et l’index. Je suce mon doigt, je salive.


Photo :
Copyright D. Juncutt
« Autoportrait – Gentille-Méchante »