19 juin 2006

Bubble Gum Shup

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Je cours vers le tuyau le plus conséquent que je puisse trouver, je l’enlace à en salir mon maillot, à en rayer mon badge « fuck the dog », je pose ma joue dessus, il est blanc crasseux, tagué et stické. Il est un bout du centre Pompidou, un bout de Beaubourg, un morceau de Paris. Je glisse une petite phrase du genre « Je ne t’oublierai pas putain d’acier… ».

Et je retourne vers les filles qui continuent leur marche tranquille devant l’immense pot de fleur moche, mes deux pieds en accord parfait avec les pavés de la Capitale. L’air est chaud, plus agréable que la climatisation forcée du Spaghetti Bar J’ai volé trois fioles de shup bubble gum-vodka, dans l’espoir de les réutiliser vendredi avant d’aller voir Cramé au Pulp, un apéro jouissif poussif avant une dernière gaypride ballonée, rose, en sueur, en transe, à finir huileuse et ignoble sur pellicule. J'ai pissé dans les toilettes qui m'évoque un gout de poudreuse, je me suis éclaboussée d’eau à cause du jet trop puissant, j’ai goûté le wok-poulet, fini par quelques fraises, puis trinqué à la nouvelle vie d’Isa et enfin écouté les mots d’amour de Colibri. Ses cuisses sont humides, je voudrais la violer sur le sofa instable, goûter sa peau, repercer moi-même ses tétons de mes canines.
Affalée à l’arrière de la voiture, je sens les nids de poules remonter la carrosserie, je dis « A droite », « A gauche ». On y est. J’embrasse notre chauffeur, lui demande de regarder cette carte postale aux allures anodines dès qu’elle se sentira mal. Lui promet que tout ira mieux, que tout va déjà mieux.

Photo :
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« Balance ton cul »