18 août 2006

Beer And Chips

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La cuisinière parle chewing gum alors je sors mon latin pour communiquer, pas envie de transiger. Je porte les lourds plateaux de verres propres, la vapeur me brûle les mains et mes pieds sont dans l’eau. C’est le lave vaisselle qu’il me dit le jeune, alors je remonte mon pantalon et j’essaye de ne pas penser que je pourrais m’électrocuter.

Manu, mon danseur contemporain, me fait à dîner. Il est précautionneux et attentionné. Il porte une toque « Belle Gueule » parce que « si t’achetait un pichet de bière, on t’offrait quatre casquettes. » Il y a comme ça, des feelings incompréhensibles entre deux êtres. A défaut de le voir cuisiner, j’aimerai le voir danser.

Sur le cellular, je ne comprends rien à l’accent américain, le type marmonne que je peux passer six heures par jour à tester des jeux vidéos pour huit dollars de l’heure.
Les bras tendus sur la barre en bois noir de l’escalier, je réalise mon statut d’immigrée en constatant la bassesse de mes jobs alimentaires, tout en m’offrant le luxe de refuser celui-ci.

La Fresh, le regard brillant nous remercie, le cul posé sur la ferraille de la fenêtre du Laïka. Effectivement on ne se connaissait que très peu, mais se retrouver loin de chez nous c’est se rapprocher de ce qui nous lie. « Un Paris Carte Postale ».

Photo :
Copyright D. Juncutt
« La Fresh »