11 septembre 2006

Derrière Le Zinc

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J’ai enfilé pour la première fois en ce début septembre, ma veste demi-saison. Dans ma poche, est abandonnée une pièce de cinquante centimes d’euros. Je joue avec elle, constate son épaisseur, puis la sépare des dollars.

Le froid s’installe déjà, le vent soulève mon écharpe et accélère la consumation de la cigarette, les terrasses disparaissent et les vélos se font plus discrets.

Moi, dans mon bar, au milieu de la pièce, je vois la consommation de café augmenter. Tous les jours on me dit bonjour, on me tape sur le dos, on s’amuse avec moi comme si j’avais toujours été là, comme s’il y avait bien longtemps qu’on pouvait compter sur moi, au milieu des meubles, au milieu des humeurs.

Quatre-vingt pourcent des serveurs sont étudiants. Cinquante pour cents de ces étudiants sont artistes. Ici, les plongeurs enregistrent des albums électroniques et font chanter la cuisinière qui elle-même organise des shows burlesques. Les serveurs ont des groupes de rock ou de drum, les aides cuistots sont danseurs contemporains et le patron tourne des films de gangsters.

Les classes sociales explosent et personne ne trouvera à contester votre travail cache misère, puisque la conscience collective veut et sait que sous chaque employé, se dissimile une force créatrice de la ville et qu’elle finira tôt où tard par éclore dans un des nombreux gratuits à la page culture.

Miss P a dit que la distance permettait de faire un tri dans son cercle d’ami. Je m’attache à ce que je savais des amis alors que beaucoup se détachent de ce qu’ils ne savent plus de moi. Je sais que je reviendrais à Paris renforcée d’une incroyable expérience de vie, qui, par sa puissance, piétinera naturellement bon nombre d’amitiés mais en accroîtra bien d’autres.


Photo :
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