08 novembre 2006

Ô Champs Elysées



En 1984 j’avais six ans. Décennie pleine de strass et de décadence. Un temps où le sida était appelé le cancer du pédé, un temps où l’apartheid existait encore, un temps où Mickael Jackson avait une certaine crédibilité.

Comme chaque samedi, nous regardions cette grande émission de divertissement, passage obligé des vedettes en devenir : Champs-Elysées. Grandiose et inoubliable générique sur le pouvoir économique de la capitale, qui a peut-être donné envie à beaucoup, comme à moi, d’aller m’y installer, où à défaut, de tournoyer sans cesse autour du rond-point des Champs.

J’étais une petite fille que l’on forçait à s’habiller avec des fuseaux, des pulls qui grattent, des chaussures Caroline et pour accessoiriser le tout, j’étais ornée d’une coupe de cheveux proche du benjamin de la famille Bradford dans la série « Huit ça suffit ». Pendant que mes parents avaient pour mission de me faire arrêter de sucer mon pouce, parce que: comprenez vous, le dentiste, ça coûte bonbon, je m’avachissais sur le canapé, pouce humide en regardant une demoiselle, Montréalaise sans le savoir, qui disait « J’aime ce qu’on m’interdit ».
Le début de ma perversion en somme.

Malgré ces années insouciantes au style vestimentaire en passe de redevenir à la mode, il est force de constater que vieillir, n’est pas toujours une mauvaise chose.