14 mai 2007

SK#141

Image Hosted by ImageShack.us

Le douanier américain ne m’aime pas. C’est une fois encore prouvé. Il dit « we have a problem with Denyse ». L’homme, le col trop serré, laisse apparaître un bourrelet derrière la tête, confirmant ainsi l’idée qu’on se fait des flics mangeurs de donuts. Il dit que le passeport n’est pas valide, pas biometric, « Elle ne peut pas rentrer aux Etats-Unis » qu’il insiste.
Je précise gentiment que je suis déjà venue trois fois sans rencontrer de difficultés, puis il demande combien on est prêt à payer.

Brooklyn, Une heure trente. Soirée Bounker au Luna Lounge. Akufen transpire, le club ressemble à un atelier sombre, quelques lumières, et des consos à seulement cinq dollars. On dépose des flyers Mutek pour soulager le sac de Miss P. qui doit retrouver B. pour dormir chez lui, tandis que Seb attend toujours des nouvelles de son amie A. sensée nous héberger après la soirée.

Quatre heure trente. On fume notre dernière cigarette devant le club, chaleur humide, sudation abondante, assis sur la marche à côté de quelques habitués, on cherche quoi faire, abandonnés dans les rues de New York. Refusant à l'occasion, l'after party de l'équipe, à deux heures de route.

Heureusement, dans la voiture, un paquet de disques. Electro allemande, curieusement tous datés de 2005. Seb et Colibri tombent la tête pour s’engouffrer dans un étrange sommeil alors que la Dodge retourne vers Manhattan. Levé du jour sur Times Square, les publicités illuminent le quartier, Broadway nous fait de l’œil. Je propose d’aller vers Central Park. Voiture garée. Seb , off à l’arrière. Nous trois, entrons dans le parc, l’herbe humide, nos visages pâles par manque de sommeil, le corps chaud. Je reconnais l’allée des arbres tordus du très bon Vanilla Sky. Un peu plus loin, la fontaine d’Angels in America. Des new-yorkais matinaux promènent leurs chiens. Le soleil commence à illuminer nos faces décaties. Plus loin, une énorme pierre. Nous nous allongeons dessus. L’hôtel du menhir. Probablement sept heures, une veste et un simple maillot en guise d’habit de nuit. Les oiseaux piaffent trop fort, les chiens s’entre attaquent. La nausée me gagne, mais il faut retourner à la voiture, retraverser Central Park, berceau de tous les sportifs acharnés.
Sur le trottoir qui mène à la voiture, Seb, abandonné et enfermé dans celle-ci, lève les bras au ciel, désespérément heureux de nous revoir. La sirène en alerte raisonne sur les murs du block. Une voiture de police interpellée par l’affaire s’arrête. L’agent constate après coup que nous sommes garé bien trop près d’une borne de pompier. Cent dix dollars.

Direction Ground Zéro. De la poussière, toujours, dans les égouts. Un parcours touristique pour qui veut voir ce qu’il ne reste pas. La statue de la liberté n’est pas si grande, mais bien trop loin. Les barres d’aciers se cognent au port, qui attend les bateaux, qui attend les touristes.
Carlton Arms Hôtel. Chaque mur est recouvert de différents styles plus ou moins de bon goût qui me font penser au squat de Rivoli. On dort dans une chambre robotisée. Petite fenêtre donnant sur la rue bruyante. Douche et puis seulement trois heures de sommeil pour ne pas épuiser le temps qu’il reste.
Sur Broadway, les comédies musicales nous semblent hors de prix. Taxi jaune, vers le petit théâtre de danse contemporaine SOHO. Restaurant à tapas. Vingt-trois heures, la pluie tombe, impossible de trouver un autre taxi. Un peu plus loin peut-être. Encore un peu plus. Sûrement là-bas, au croisement.
Douze heures pour se remettre. Douche sans rideau et deux autres amendes plus tard, nous débutons un shopping effréné. Chaussures, t-shirt Uniqlo godzilla de Terry Richardson, robe, sac, lunettes… Quelques toasts dans un diner, dont le serveur, bien gentil à l’arrivée, fait la moue lorsque nous ne commandons pas le brunch qu’il nous conseille.

Vingt-cinq block à traverser, le pas léger, retour à la voiture. Il faut déjà partir. Entre deux villes se finissant par « burgh » et près d’Elisabethtown, un Mac Donald servit par des geeks.
Une femme fait tomber son sac à emporter, tout s’échoue sur le sol. Seb frime sur le parking, il compte le nombre impressionnant de poches qu’il a sur son nouveau super sac. Le sac de sa vie qu’il dit.
On repart. Il manque quelque chose. Son sac. Il panique. « Regardez à l’arrière… mets toi sur le côté…ouvre le coffre… ».
« Je crois bien l’avoir vu sur le toit » dis-je.
Demi-tour, retour sur le parking du mac do de la ville en burgh. Le sac, abandonné sur le côté de la route, lui courant comme allant sauver un nouveau-né.

Pendant ce temps sur mon compte en banque Français, le loyer passe de 450 à 700 euros sans que j'en connaisse la raison. J'aimerais ça être riche.

Edit : Tous les cd sont restés dans la voiture de location...

Photo:
Copyright D. Juncutt
"Newyorkaise"