20 août 2007

SK#160




Petites bouilles qui se frottent à la mienne. Des mains qui s’accrochent à mes doigts sans que je m’y attende. Dans les rayons du magasin, je traîne deux enfants, qui me demandent d’aller voir les jouets.
Quatre années au moins, que je n’avais pas vu ma sœur et ses enfants, pour des raisons qui se justifiaient à l’époque. Radicale et rancunière.
Pendant ce temps, la progéniture pousse, commence à penser, à parler, à jouer, à désirer.
Tata par ci, tata par là. Je tue quelques dizaines de pokémons sur la nintendo DS de l’un, et fais des tours de magie sur l’autre pour finir par dessiner des tatouages au feutre sur leurs petits bras tout mous.
Elle passe par-là la reconstruction. Effort de socialisation, de pardon et de retrouvaille. Je ne serais pas aussi avenante avec tout le monde.

Où en est mon cœur ? J’ai passé le post-choc, la douleur vive, la conciliation, le dégoût et la fuite. Il y a les amis qui conseillent d’un automatisme frustrant, ceux qui gaffent et ceux qui n’en parlent pas. Lesquels me font me sentir mieux ?

Et puis l’une arrive. La fixant alors qu’elle me parle de ses projets, je ne lui montre pas que, dans ses mots, sa façon de se tenir, de fumer sa cigarette, de remettre ses cheveux en place, de rire, de cligner des paupières, j’essaye de percevoir en elle l’espoir fou qu’elle puisse me plaire. Je me raccroche à une attitude, à une comparaison, un faux-semblant parce que je sais bien qu’au fond, je ne suis prête à rien. Ni avec elle, ni avec les autres.

Photo :
Copyright D. Juncutt
“Neveu et nieces”