06 octobre 2007

SK#168




Tendu bien comme il faut, d’une justesse parfaite. J’invite la petite famille des befores clitorisiennes habituelles mais j’arrive un peu plus tard. I. me dit que c’est notre jour, le cinq octobre. C’est consigné dans les astres, ça veut forcément dire quelque chose. Ils sont si heureux pour moi, pour ce nouveau job dans le cinéma. J’intériorise, je gagnerai au loto que mon cri serait inaudible. Pudeur, pudeur.
Quelques Québécois sont là, dans la salle bondée. La plus jolie me dit des mots gentils. Soirée retrouvailles ou comment pardonner à ceux qui nous ont offensés comme dirait le barbu clouté. A quoi sert la rancœur si ce n’est pour nourrir les ulcères ?
Là encore d’une justesse parfaite. C’est la rentrée de la paix bien qu’on voudrait en killer deux ou trois, des messieurs biscotos tenant l’entrée de la Flèche par exemple.

Je perds Marion qui distribue ses flyers, je filme les filles faisant leurs tractions dans les loges, je regarde Isa et C. se faire du bien, je pose quelques secondes la tête entre mes mains. Souffler, être ailleurs. Frotter le crâne, revenir. Être là. Obligé. Juanico part baiser avec un Libanais. Lucienne se frotte enfin à L.
Le public s’étale. Les verres vides sont bientôt plus nombreux que les clients.
Une jeunette me cogne le bras, je l’excuse, elle me masse les épaules. Je lui demande son prénom. Approche de base. Sourire sincère, ça change. Je demande discrètement à sa pote si elle est lesbienne, si elle est célibataire. Approche de merde. Je la vanne un peu pour tester sa résistance. Elle surenchère. Il est temps de partir. Elle me parle d’un truc demain, je lui dis que je mixerai samedi treize avec MA au Pin Up. Je laisse une porte ouverte, mine de rien. Une histoire à suivre ou pas.

Vidéo :
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« Clitorise du 5 octobre 2007 »