21 novembre 2007

SK#180



Au sous-sol, tout le monde est venue pour s’occuper de l’open bar qu’on nous a promis fructueux mais qui commence avec une heure de retard et ne propose que des mojitos sans menthes. Bloquée entre la foule et une table qui me cisaille la jambe, une amie en jupette me demande si la fille qui me tient la main est celle du flyer. Je la regarde fixement en songeant à ce que cette photo suscite comme émotion.

Plus tard, J. pose son bras sur mon épaule en me proférant un amical et foudroyant « Si tu lui fais du mal, je te casse la gueule ». Je trouve ça touchant. Je trouve ça alarmant. Les évènements d’il y a deux ans et demi pourraient parfaitement se confondrent. Cette phrase qu’on me répète comme une mélodie, comme une menace à l’amour, puisqu’il semble convenu que c’est toujours moi qui fait mal à l’autre.

Sur le banc de bois, elle pose souvent sa tête sur mon épaule. Son odeur se marie à l’idée que je me fais des filles faussement fragiles. Elle s’est lissé les cheveux, s’est glossé les lèvres. C’était pas comme si je l’avais quittée au petit matin, les mèches en bataille, témoins d’une nuit agitée. C’était pas comme si c’était si simple de rompre à coup sûr mes promesses de liberté et de débauche. Je pourrais sur les champs miner le terrain de cette histoire naissante. Je pourrais tout arrêter. Il est encore temps et ça m’est tellement facile.

Ca serait comme mettre fin à cette chanson entêtante. Simple et rapide.



Photo :
Copyright D. Juncutt
Flyer de Kill Kill My Blonde
Vidéo:
Interpol - NYC