28 juillet 2008

SK#219



Et puis soudain plus rien.

Bien que choyée, l’herbe nous l’a été, coupée sous le pied. Des Aux revoir crispés.
Je confectionne une éclectique collection de rencontres autour d’une table, sur une nappe, au milieu d’un bain de foule. Sur une piste de danse, derrières les platines, dans un fumoir, un taxi, une rue, un lit. Peut importe le lieu, toujours être à deux, au mieux encore plus nombreux.

Mes lèvres perdent le contrôle, de la plus inaccessible à la moins farouche. Je préviens, qu’on ne peut et ne doit, éperdument un mot qui fait mal, s'ancrer, se cantonner et pourtant, aux interdits, je succombe.

Puisque nées au fond de mon dernier chaos ces amours font renaître le sentiment d’attachement qui m’avait griffé l’épiderme. Une allergie qui s’étendait, une maladie gravissime mais pas incurable. Pour preuve.

Soizyk m’en veut. Gail. embrasse si bien. Flo caresse ma jambe et me fait suffoquer de rire. POB plonge dans la nostalgie. Sarah est amoureuse. Orel a les yeux qui brillent. Vic lance des ultimatums. Katia ne doit pas partir. Amandine reste vigilante. La tête de July la Robe bleue engourdie mon bras droit dans le parc de la Cité U.

Au lendemain d’un week-end puissant et sans que je ne m’y attende, une pluie de mots arrose un soudain délaissement. Une solitude dégueulasse et foudroyante.
Ma boîte mail et mon téléphone s’émerveillent de ces déclarations d’amour venant de ceux qui se sont éloignées à plus de cinq cent kilomètres de ma bouille.

Alors ceux que j'aime m'ont dit, alors ceux que j'ai filmé m’ont écrit :


Texto de "July La Robe Bleue"

« Un soir d'été, une chaleur comme confinée dans la ville, dans ma ville. Sortit de terre, le ciel du soir prend forme, violet rosé, bleu et gris nacré. Sous terre le feu nous brûle, la gorge sèche, le cœur humide pourtant, d'une nostalgie partagée. Quelques larmes retenues, profondément ancrées dans nos souvenirs, d'une mémoire presque immédiate. Cela fait si peu de temps, que pour la première fois dans ton intérieur, nous déambulions comme intimes, j'aime à penser que nous le seront, proche du moins. Les taches sur le sol, les restes d'une soirée entre âmes. Soirée décomplexée, plus que je ne l’aurais rêvé, une belle lueur dans les yeux face caméra, des sourires bleutés, une euphorie illuminée comme en plein jour. Du liquide, du bestial, des rencontres; peut être pas les bonnes, pas toujours, pas encore. En tout cas du haut de mes socks vertes, le regard perdu derrière de gros verres, les sensations étaient proches du plaisir, dont je fais et ferai toujours, la quête acharnée. Puis c'est enchaîné à une passion perdue d'avance, que j'ai guettée en ces jours, l'écran froid du lien qui nous est vital. Bientôt je n'y penserai plus. Je n'en garde que le meilleur:
Une bande de filles, pleines d'amour pour leurs semblables, pleines d'amour pour toi, et nous deux, comme explorateurs, à quai, sur l'île chère aux yeux d'Homer.

EAT. . »

Mail de Flo le Lesbien


« Test, un deux un deux.

F4 pour que le dashboard me rappelle quel jour nous sommes: dimanche 27 juillet. On a passé un après midi sur les quais à Bastille, serrées sur une couverture trop petite pour nous toutes, à se battre pour un petit totem, comme des enfants.
Tout le monde rentre, on laisse les filles derrière nous, toi à Montrouge, Florent rue Dantzig, et me revoilà toute seule, traînant mon petit corps qui témoigne encore des beaux jours que je laisse derrière moi. Ces jours qui malgré tout me laissent le cœur gros.
J'ai quand même pas très bien commencé l'aventure, d'abord cachée derrière trop de fumée, collée à mes intimes et précieux acolytes. Ensuite sous différents verres protecteurs, enfouie dans l'herbe pour finir enfin toute nue, ou du moins en short, à me débarrasser des appréhensions, des souvenirs malsains que je materne pourtant beaucoup.
"Le grand machin et le p'tit truc blond", vagabonds toujours alertes, un peu intrigués de se voir sans cesse repartir à deux, on pu doucement se séparés, passant tout de même par la même porte, foulant le même sol meurtri par une complicité grandissante. J'ai aimé découvrir cette atmosphère nouvelle dans laquelle je ne me sens pas vraiment de trop, mais pas encore à ma place, j'ai aimé ces rires, ces confidences peut être trop ressassées parfois. Cet écart, frontière avoisinant le double de ma vie, je l'aime aussi.
Et si on devait subitement courir chacun de notre côté, mon esprit où il reste encore de nombreuses pages vierges pourra écrire que Koh Lanta, même si c'est con, c'est drôle, il pourra dessiner tes tatouage et les carreaux des chemises à Flo et me chanter des chansons tristes sur lesquelles je m'appuierai toujours comme sur l'épaule d'un pote.

Lucie.»

Mail de POB

"Hi how are you?
voila la seule phrase que je place tout le temps a NY..

J'espère que tu va bien, NY c génial, les gens st vrmt sympas, les fetes st énormes, la population est très éclectique, des autrichiens, français, allemand, italien, espagnol, brésilien..bref, on y croise de tout (ainsi ke de meufs canon comme je n'avais jms vu)

Je suis dsl pr la crise avt mn départ.. je suis susceptible et chiante et tu le sais..

enfin bref, beaucoup de visites, de photos, de connaissance, c extra..

Gspere un jour y aller av toi, car tu serais vrmt 40X plus épanouis de cette ville, même si tu lai énormément, jtm fort chou..."

Mail de Mathilda (en langage texto)


Vidéo:
Copyright D. Juncutt

Musique:
Suicide - Dream Baby Dream