14 décembre 2008

SK# 242



C'est la saison des bons sentiments. En tout genre, en toute circonstance.
Et lorsque ça devient une évidence, que les mots que l'on m'écrit, me susurre, me hurle font état d'amour, d'amitié, de reconnaissance, de doute, de douceur, de sensibilité et de justesse, je m'amuse à changer le sujet sur le moment, pour y revenir plus tard.

Dans la soirée, accroupie autour d'une petite table salie par les cendres et les culots de verres mouillés, j'ouvre la bouche au moment où tout le monde se tait pour dire qu'en amour l'un souffre et l'autre s'ennuie. Ça n'avait pas lieu d'être prononcé, on est vite passé à autre chose. Même si, durant toute ces heures de bavardage, à la lueur des bougies, il était un sujet récurant qui ne quittait pas le fond de nos conversations, détourné, diminué ou caché.
L'Amour.

Voilà bien ce qui nous amène à nous mouvoir d'une façon bien précise. Dans un inconscient collectif, par des gestes évidents comme totalement inappropriés tel qu'un rouge à lèvre parfait, une main dans la mèche, un pantalon ajusté, une belle paire de chaussure, une bouteille de vin, un travail parfait, un rendez vous, une danse, un sourire, une bonne note, un regard, une larme, un silence, un pardon, une inspiration profonde, le choix d'une musique, une main sur un genoux, reste à jamais le fruit d'un désir d'amour.

Le but inavoué étant de se faire aimer par le plus de personne possible. Toujours bien faire, impeccablement, irréprochablement, même si l'on clame haut et fort que l'on se fiche de ce que les gens peuvent bien penser de nous, il y a le poids d'une reconnaissance qui débute depuis que le cordon nous a été coupé.
L'important pour tout le monde, est de retrouver ce fil qui nous lie à l'autre. Responsable de la recherche toujours et à jamais infructueuse d'une fusion parfaite.


Photo:
Copyright Aurelie Fischler
"July"